Je tiens à préciser que l'écriture de ce message est motivée par le premier départ d'un des nôtres... Alex. Alex est en train de vider sa chambre sous mes yeux, me montrant outrageusement les éléments de notre vie commune (maintenant passée): quelques papiers, un bonnet de noel qu'elle a acheté à Thanksgiving et avec lequel j'avais fait ma randonnée à Arches, et le sac de couchage sur lequel un oiseau avait chié sur la plage d'Orlando. Oui, cette Alex, elle n'a pas de coeur. Ce Monstre...
Bon, je n'ai pas trop le coeur à tout raconter: ce que j'ai fait depuis un mois, ce qu'on a visité, ce que j'ai vécu. Je vous le raconterais en personne, quand je serais de retour sur Paris! Je sors les mouchoirs à l'idée de rentrer à la maison. Les petites siestes de l'après midi dans mon bon petit lit, les disputes quotidiennes à propos de ces siestes, convaincre Cyrielle de toujours faire des choses qu'elle n'a pas envie de faire, nos petites soirées, les petits repas préparés ensemble, les petits trajets jusqu'à l'université en vélo avec les montagnes en fond...
Oui Tucson me manquera! La chaleur, le beau temps, les cactus, les montagnes, l'université: je n'arrive pas bien à me faire à l'idée que tout est fini bientôt. La fin des cours est programmée pour la fin de la semaine, 4 jours de plus avec mes camarades américains, 1 milliard de choses à faire.
Je n'essaie pas de m'apitoyer: après tout ça, j'ai encore beaucoup de choses à voir et à faire: un petit détour pour voir Leilou dans le nord américain, la visite d'Olympic National Park, visite de Vancouver et Portland, road trip entre tucson et New York en passant par Nashville, Memphis et La Nouvelle Orléans (et également Woodbury Heights), la visite de New York et Montréal avec mes parents, Sin sin et la famille du Canada.
Je me sens vraiment chanceuse d'avoir pu vivre un tel condensé d'expériences humaines vraiment énormes (oui, je sais, ce n'est pas vraiment français tout ça). Ici, j'ai pu vivre tout ce que je voulais vivre, connu des personnes que je n'oublierais jamais: de Florian notre voisin trop bizarre à Alex et Ingo, les allemands cools, en passant par Tomas, Zdenek, Petteri, Thomas (Germany), Anya, mes French Girls adorées, un petit American et aussi... Michelle haha. Oui, je promets que je n'oublierais jamais tout ce petit monde, avec qui j'ai fait des trucs totalement délirants, failli mourrir, connu les pires dèches et galères, et avec qui je me suis disputée, chamaillée, battue (oui, Géraldine, j'me suis pétée l'orteil pour échapper à tes morsures terribles), avec qui j'ai eu de grosses discussions sur tout (ma vie, la politique, mes études, mes sentiments...), avec qui j'ia bien déliré, avec qui j'ai eu les plus grosses bonnes galères. Oui, vous allez me manquer les bichons.
même si je reverrais surement tout ce petit monde bien souvent (j'espère), ce ne sera plus pareil. Mais qui sait? Peut-être que ce sera encore mieux, qu'on aura encore plus de choses à partager. J'ai hâte de découvrir ça.
Pour ce qui est de mon futur, je continuerais ma petite ville de courneuvienne-parisienne, chinoise-française à Sciences-po. Je rentre et je bosserais à la BNP pendant deux mois, ça passera très très vite. J'aiderais cette troupe de joyeux lurons à déménager sur Paris en septembre, ça passera très très vite... Je commencerais les cours dans mon master "Affaires internationales - économie du développement international" (SVP, j'voudrais tellement être prise !!!!) ou stratégies territoriales et urbaines... et là aussi ça passera très vite. Et a la deuxième année, me revoilà sur les rails d'une nouvelle expérience à l'étranger avec le stage et le dernier semestre consacré à la réalisation du projet professionnel et composé d'Ateliers et de projets collectifs. Je ne sais même pas ce qui vient après.
Je regardais des vieilles photos de mes amis de France, de mes petits bichons. ça m'a réconfortée et j'ai compris que c'était stupide de dramatiser à propos du départ. comme dit maman chi "quand tu as fini de manger, il faut quitter la table". Oui, j'ai fini tout ce que j'avais à faire ici, j'ai compris ce que je voulais étudier, dans quoi je voulais bosser, et j'ai compris ce qui était vraiment important pour moi. Maintenant, il faut passer à la phase concrétisation de toutes ces belles choses que j'ai appris ici. Oui, ma mère est particulièrement philosophe. Et puis aussi, je rentre à Paris pour retrouver des gens géniaux, revoir ma famille, mon petit sin sin adoré que j'adore plus que tout, et surtout retrouver la ville dans laquelle j'ai pas fini de m'extasier, tant c'est beau. Oui, je reprendrais mes habitudes parisiennes rapidement, allant à sciences-po, prenant un café avec Juju ou Raf pour 50 cts (même que RAf est toujours un gros taxeur, j'espère qu'il a changé!), allant faire du shopping avec Mimi sur la Rue de Rennes, allant au restau U avec Alain, Arnaud, et toute la clique de LM, allant aux fêtes organisées par Sciences po, essayant de rencontrer Anais ou Sandrine sur les quais du RER B. Les week-ends, je bosserais le dimanche, verrais tous les autres de la courneuve le samedi soir pour aller à San Antonio, itadaki ou encore... EL SOL Y LA LUNA. Et j'essaierais, dans cet emploi du temps chargé, de contenir mes soirées nostalgie Tucson avec Alex, CC, David et les autres.
Oui, ce sera fun. C'est le début d'un nouveau truc, un truc cool!
Ce n'est pas un travail de rationalisation: j'ai un futur prometteur devant moi. Je veux aller voir les aurores boréales et les icebergs à terre Neuve, aller bosser en Chine, je veux aller dans les virgin islands aux US, je veux aller en Amérique Latine faire de la rando avec des insectes partout dans la forêt amazonienne, je veux prendre le train Pékin-Lhassa pour voir le monde en 4 jours et aller au Tibet, j'ai envie d'étudier plein de choses, d'apprendre en lisant, de découvrir tout plein de sensations, travailler dans quelque chose qui a une valeur humanitaire...
Je sais qu'à certains égards, je peux paraitre très cliché et très optimiste pour une petite jeunette de 20 ans. Si jamais je ne peux pas me permettre d'être aussi rêveuse et ambitieuse à cet age, je raterais pas mal de choses je pense! C'est maintenant où jamais pour être "cheezy" ! Et j'en ai pas honte! Okay, c'est une vue largement influencée par le film magnifique "God Grew tired of us" sur les immigrés du Soudan (c'était tellement beau).
Bon, ça n'a rien à voir, mais je voulais mettre quelques photos de mon appartement et de ma vie à Tucson. C'est con, mais bon. Voili voilou:
Concert of SIA... Amazing...
... Voili voilou
See ya babies